Pourquoi le sentiment de culpabilité est-il souvent présent chez les managers?

Le 02 juin 2020 par Arnaud Pottier autonomie émotions motivation prise de recul

Scène de vie de coach :

J’ai lu la semaine passée un article sur Linkedin qui a recueilli plus de 25000 « j’aime » (je suis jaloux…). Son auteur affirmait que rester tard au travail était un signe de mauvaise organisation.

Je comprends la croisade de certains contre les responsables qui font du présentéisme et qui considèrent que rester tard est un signe d’engagement et d’importance. Je ne nie pas non plus que certains managers ont un réel problème d’organisation. Mais j’aimerais souligner ici combien ce discours peut être culpabilisant pour les personnes qui se donnent du mal pour faire rentrer tout ce qu’elles doivent faire dans une journée sans y arriver. Elles sont tiraillées entre la culpabilité de terminer tard leur journée de travail et de celle de ne pas finir leur travail dans les temps.

Une prise de distance nécessaire :

J’aimerais m’arrêter sur ce sentiment de culpabilité. Il est souvent présent chez les managers perfectionnistes qui veulent être parfaits dans tous les domaines de leur vie, aussi bien professionnel que personnel. Ils ont souvent l’impression de ne pas être à la hauteur et ressentent un sentiment de culpabilité. Ce sentiment les incite à dépenser beaucoup d’énergie pour essayer d’y arriver. Il devient alors le moteur de leur engagement. Ce moteur est nocif car il conduit à l’épuisement et pervers car il permet malgré tout d’obtenir des résultats, au moins sur le plan professionnel.

Ce tiraillement est d’autant plus fort que la frontière entre le professionnel et le personnel est de plus en plus poreuse. Notamment pour ceux qui ont une part de télétravail dans leur organisation.

Ce sentiment de culpabilité provient du fait que les attentes des uns et des autres ne sont pas clairement exprimées. Le manager les imagine très élevées et fait des horaires à rallonge pour y répondre.

Clarifier les plages de disponibilité :

La question est de savoir sur quelle plage de disponibilité le manager se met-il d’accord avec son entreprise d’une part et son environnement personnel d’autre part. A quels moments de la journée et de la semaine le manager interdit-il à l’entreprise d’avoir accès à son emploi du temps ? De même, quels sont les moments de son emploi du temps réservés à ses activités personnelles ? Ces limites de disponibilité doivent être connues par l’entreprise et par l’environnement personnel pour que chacun les respecte. Si les frontières sont claires, il est possible de faire preuve de créativité. Pourquoi ne serait-il pas possible de travailler une partie du week-end, si une partie de la semaine est consacrée à des activités personnelles ?

Faire des arbitrages :

Une surcharge de travail peut bousculer l’organisation du manager et demander un engagement plus important. Dans ce cas, il est nécessaire de renégocier ses limites de disponibilité, au moins de manière temporaire. Une autre possibilité est de négocier avec son manager sa charge de travail. Encore une fois, il s’agit de clarifier ses temps de disponibilité.

Cette clarification chasse le sentiment de culpabilité qui apparait lorsque les limites de disponibilité sont confuses et lorsque les attentes des personnes qui entourent le manager ne sont pas exprimées. Le sentiment de culpabilité diminue mais aussi le niveau de stress. Cela vaut la peine de se lancer.

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