Être sensible aux signaux faibles

Le 11 novembre 2019 par Arnaud Pottier accompagnement bienveillance coaching communication écoute plaisir au travail prise de recul

Scène de vie de coach :

J’interviens dans une entreprise qui ne brille pas par son organisation. J’observe des managers livrés à eux-mêmes, qui anticipent peu et des équipes qui se sentent abandonnées. Leur manque d’organisation leur fait perdre du temps, ce qui les empêche de prendre le temps de l’anticipation. Le cercle vicieux est bien en place.

Dans un séminaire de formation au management, je rencontre une partie de ses responsables. Autant dire que la formation ne leur apporte pas grand-chose car étant sous l’eau, les encourager à mieux manager leurs collaborateurs est une demande surréaliste. Même s’ils se rendent bien compte qu’il est nécessaire de s’organiser différemment, ils n’ont plus assez de recul pour la mise en œuvre. Ils me disent être débordés au point qu’ils ne prennent plus le temps de déjeuner.

Les signaux faibles, signes d’un dysfonctionnement plus profond :

D’une manière générale, il y a dans l’entreprise des signaux faibles auxquels les managers devraient être plus sensibles car ils sont les indicateurs d’un malaise plus profond ressenti par leurs collaborateurs.

Le fait qu’une personne ne prenne pas sa pause déjeuner est certes le signe d’une désorganisation personnelle ou structurelle, mais c’est aussi probablement un signal d’alarme adressé à son manager. Le message pourrait être le suivant : « regarde, je ne m’en sors plus, au point que je suis obligé de supprimer la pause déjeuner ». Comme il ne veut pas, pour de bonnes et de mauvaises raisons, dire à son manager qu’il a besoin d’aide, le moyen qu’il a trouvé pour transmettre le message est de rogner sur un besoin essentiel, celui de faire une pause.

Pour beaucoup, demander de l’aide à son manager est perçu comme un aveu de faiblesse ou d’incompétence. Ils préfèrent alors garder pour eux leur difficulté et leur peur de ne pas y arriver. Ces situations sont bien entendu génératrices de stress et d’épuisement.

La difficulté de demander de l’aide :

Cela signifie que les managers doivent encourager leurs collaborateurs à exprimer les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Malgré cela, tous ne souhaiteront pas se tourner vers leur manager pour demander de l’aide. Mais il y a des chances qu’inconsciemment, ils leur envoient un message crypté. Il peut prendre différentes formes comme des retards, des erreurs bénignes qui se multiplient, une irritabilité…la liste n’est pas exhaustive car chacun trouve un canal qui lui est propre pour essayer de faire comprendre à son manager que quelque chose ne va pas.

Aussi le manager doit être capable de capter les changements dans l’attitude de ses collaborateurs. C’est alors l’occasion de mettre les choses à plat pour offrir à son collaborateur un temps et un espace où il pourra s’exprimer.

Les signaux faibles sont souvent difficilement perceptibles. C’est aux managers de les remarquer malgré le rythme du quotidien. Cela suppose qu’ils soient en permanence à l’écoute pour prendre conscience des changements de comportement de leurs collaborateurs. C’est un réel défi compte tenu de leur charge de travail. Mais prendre en compte ces signaux faibles conditionne les résultats et la bonne santé de l’équipe.

Excellente semaine à chacun, et à lundi prochain 9h00.

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