Pourquoi les managers ont-ils peur de dire bravo?

Le 06 mai 2019 par Arnaud Pottier féliciter leadership motivation reconnaissance

Scène de vie de coach :

Pendant une formation que j’anime, deux participants font un jeu de rôles dont le thème porte sur « comment féliciter ses collaborateurs ». Celui qui a joué le rôle du collaborateur dit spontanément après l’exercice : « Qu’est-ce que j’aimerais qu’on me dise cela dans la vraie vie. »

Je comprends sa remarque car je constate souvent que dans « la vraie vie » les managers prennent peu le temps de féliciter leurs collaborateurs. Il y a plusieurs raisons à cela :

Notre culture :

Dans notre culture managériale « à la française », nous ne sommes pas habitués à nous intéresser à ce qui s’est bien passé. Nous préférons voir ce qui ne va pas. Deux expressions reflètent cet état d’esprit. On dit « c’est pas mal » Deux négations pour dire que c’est bien. On dit également « franchement, là, je n’ai rien à dire ». Il faut être français pour savoir que cette expression signifie que c’est bien. Lorsque j’entends cette expression, j’ai toujours envie d’intervenir en disant : « mais évidemment que tu as des choses à dire, tu peux dire que c’est bien. »

La peur que le collaborateur ne fasse plus d’efforts :

Les managers ont peur que s’ils félicitent leurs collaborateurs, ceux-ci n’aient plus envie de progresser. Ils pensent qu’en ne disant rien, ils gardent leurs collaborateurs sous tension pour qu’ils continuent à avancer. Il me semble que c’est une fausse croyance. C’est plutôt l’inverse qui se réalise. Le manager qui ne montre pas sa satisfaction décourage ses collaborateurs, alors que celui qui fait des retours positifs donne envie de recommencer.

La peur de la prétention :

Les managers craignent que leurs collaborateurs deviennent prétentieux s’ils sont trop félicités. Là aussi il me semble que c’est une fausse croyance. Cela d’autant plus que j’ai rarement rencontré de personnes qui se vantaient d’être trop félicitées.

Ne pas aimer être félicité :

Certains managers n’aiment pas recevoir de félicitations car ils se sentent gênés lorsque cela arrive. Ils partent donc du principe que c’est la même chose pour leurs collaborateurs et ils ne veulent pas les mettre mal à l’aise en les félicitant. En fait je pense qu’ayant reçu très peu de signes de reconnaissance, ils ont appris à faire sans. Ils se sentent déstabilisés lorsqu’ils en reçoivent. Et ils considèrent que c’est aussi le cas pour leurs collaborateurs.

Peur de la demande d’augmentation :

Certains managers me disent que s’ils félicitent leurs collaborateurs, ils vont réclamer une augmentation en retour. Je comprends parfois cette crainte, mais ce n’est pas le sujet, ce qui peut être expliqué à un collaborateur qui pose cette question.

Féliciter, encourager, montrer de la satisfaction alimentent efficacement la motivation de ses collaborateurs. Il est donc important que les managers identifient leurs freins à envoyer ce type de messages, pour être capable de les lever. Cette communication positive produira plus d’efficacité et plus de bien-être pour toute l’équipe.

Excellente semaine à chacun et à lundi prochain 9h00.

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