Scène de vie de coach :

Parmi tous les managers que je rencontre, beaucoup partagent un point qui les empêche réellement de progresser ou d’avoir le recul nécessaire sur les événements. Il s’agit de la confusion entre identité professionnelle et identité personnelle.

C’est une situation compréhensible car ce que nous faisons contribue bien entendu à construire qui nous sommes. Mais une frontière trop poreuse entre les deux niveaux d’identité est source de difficultés. Les managers sont de meilleurs managers lorsqu’ils distinguent clairement les deux niveaux. Mettre une frontière entre les deux ne signifie pas cloisonner sphère professionnelle et sphère privée. C’est bien plus profond que ça. Ce sujet pourrait nourrir plusieurs articles, mais dit le plus simplement possible, je vous propose la formulation suivante : la valeur d’une personne ne dépend pas de sa réussite en tant que manager. Je suis conscient que ces deux dimensions ne sont pas faciles à décorréler. Mais cela devrait être pour chacun d’entre nous un objectif de développement personnel.

Quelles sont les conséquences d’une confusion entre les deux identités ?

Surinvestir la sphère professionnelle :

Les leaders qui confondent identités personnelle et professionnelle surinvestissent leur rôle managérial. Cela se concrétise par un volume important de temps et d’énergie consacré au travail. Leur valeur personnelle dépendant de leurs succès professionnels, la réussite devient une question de vie ou de mort sociale. La conséquence est qu’ils se soumettent à un haut niveau de pression qu’ils imposent souvent à leurs collaborateurs. Ils deviennent directifs quand la pression du résultat monte et cherchent à tout contrôler.

Dramatiser un échec :

Découle de ce surinvestissement une grande peur de l’échec. Comme celui-ci arrive à un moment ou un autre, ces managers mettent du temps à s’en relever. Lorsqu’ils connaissent un manque de réussite, l’image qu’ils ont d’eux-mêmes peut être dégradée au point qu’ils ont du mal à rebondir.

Faire une affaire personnelle :

Ce regard qu’ils portent sur la vie professionnelle les pousse à transformer toutes tensions ou jeux de pouvoir en une affaire personnelle. Dans ces situations, ils se rigidifient, cherchant à remporter la victoire sur les autres parties prenantes qu’ils considèrent comme des adversaires. Par conséquent, ils sont peu à même de trouver des solutions de compromis.

Un piège dans lequel il est facile de tomber :

Le piège est que ce surinvestissement leur a permis d’évoluer dans l’entreprise. Car même si c’est un moteur nocif, il permet d’obtenir de bons résultats. Le problème est le coût humain qu’engendre ce moteur. Les conséquences sont nombreuses pour les managers comme pour leur équipe. Vous l’avez surement déjà lu si vous suivez mes articles, le manager efficace est celui qui sait équilibrer l’exigence (se donner les moyens d’obtenir des résultats) et la bienveillance (veiller au bien-être de ses collaborateurs). Cet équilibre, tourné vers l’équipe, est également pertinent pour le manager. Il se doit, pour lui-même, d’être exigeant et bienveillant. Distinguer identité managériale et personnelle est un bon moyen de se protéger et de réussir à atteindre cet objectif.

Si vous souhaitez que l’on échange sur un projet de formation, de coaching individuel ou collectif, vous pouvez me joindre à cette adresse : contact@km30.fr