Scène de vie de coach :

Je rencontre régulièrement des managers fatigués de manager. Cela a été le cas cette semaine. Dans la formation que j’animais, une participante venait d’évoluer vers le poste de chef de projet et se réjouissait de ne plus être en charge d’une équipe. Quand je lui ai demandé si elle était contente de cette évolution, elle m’a répondu oui avec un grand sourire.

Je trouve que parmi les jeunes managers, peu sont suffisamment conscients que manager, c’est faire le deuil du confort. Peu sont conscients du fait qu’au cours de leur vie de manager, les périodes où l’équipe travaillera en harmonie seront des exceptions. Manager, c’est entrer dans le monde de la complexité où le confort n’existe pas.

Beaucoup de paramètres liés à la vie de l’équipe impactent le management du responsable : turn over, recrutement, anciennetés différentes, projets personnels... De plus, l’équipe fait partie de l’entreprise qui elle-même apporte de nouveaux paramètres dont le manager doit tenir compte : stratégies moyen et long terme, résultats économiques, croissance ou régression… Enfin, l’entreprise est à son tour plongée dans un environnement incertain : concurrence, environnement économique, réglementation….

Toutes ces variables, dont l’amplitude peut être importante, génèrent de la complexité et mettent les managers dans l’inconfort. C’est au fond une situation normale. La stabilité est un mythe. Les managers ont donc besoin de se familiariser avec cet inconfort.

La première étape pour mieux le vivre est de l’accepter. La deuxième est d’identifier les leviers sur lesquels agir pour le réduire.

Accepter l’inconfort :

Accepter une situation que l’on ne peut supprimer est la première étape pour desserrer son étreinte.

Beaucoup de managers rêvent que l’équipe soit constamment au maximum de son efficacité, fonctionne en parfaite harmonie et dans un environnement stable.

Sauf que cet alignement de planètes se réalise rarement. Le manager ne peut que créer les conditions pour se donner un maximum de chances de le provoquer. Mais comme il ne maitrise pas tous les paramètres pour le rendre possible, il n’est jamais certain que cet alignement se réalise.

Finalement, les managers doivent accepter de vivre constamment en tension entre la situation idéale dont il rêve et celle de la réalité de l’équipe. Par conséquent l’équipe évolue dans un équilibre instable qui par nature est inconfortable pour tous ses membres.

L’accepter donne la lucidité pour identifier les leviers sur lesquels il est malgré tout possible d’agir afin de rendre la situation plus acceptable.

Rechercher la simplification :

La complexité génère de la confusion. La première action du manager est donc de clarifier tout ce qui peut l’être. Pour cela il doit tout d’abord veiller à ce que les objectifs et le mode de fonctionnement de l’équipe soient aussi clairs que possible.

Les managers doivent être capables de répondre par l’affirmative aux questions suivantes.

Les objectifs de l’équipe sont-ils clairs ? Est-ce que chacun sait comment l’équipe contribue à la stratégie de l’entreprise ? Chaque collaborateur connait-il ses objectifs individuels et comment ils s’articulent avec ceux de l’équipe ? Et à propos de la manière dont l’équipe fonctionne, les rituels managériaux individuels et collectifs sont-ils en place ?

Il y a bien d’autres leviers pour chasser la confusion et réduire la complexité. Mais ce sont les principaux.

Tant que le manager ne les aura pas utilisés, il restera dans un maximum d’inconfort. Au risque d’être gagné par l’épuisement et le découragement.

Si cet article vous a intéressé et que vous l'avez lu via Linkedin, n'hésitez pas à le liker, l’algorithme n'aime pas beaucoup les posts avec un lien . 😉