Mon collaborateur s’est mis à pleurer dans mon bureau

Le 18 mars 2019 par Arnaud Pottier bienveillance écoute émotions empathie pleurer

Scène de vie de coach :

Je suis dans une entreprise en plein développement. Elle connait une croissance annuelle à deux chiffres depuis plusieurs années et j’ai en face moi un manager fatigué. Fatigué au point qu’il se met à pleurer en me disant que c’est dur pour lui en ce moment.

Il m’arrive régulièrement que des managers me racontent ce genre de scène. L’un de leur collaborateur ou collaboratrice craque dans son bureau et les larmes viennent. C’est une situation qui peut déstabiliser et gêner les managers car ils ne savent pas quel comportement adopter. De plus, la personne qui pleure est également gênée, pensant qu’elle ne donne pas une très bonne image d’elle-même.

Accueillir :

Il faut tout d’abord dédramatiser. A la fois pour se mettre à l’aise et mettre à l’aise son collaborateur. Au fond ce n’est pas si grave de pleurer. Le manager doit faire preuve d’écoute et avoir une attitude d’accueil en lui laissant le temps de reprendre ses esprits. Il est également important de lui montrer de la compréhension en lui disant qu’avec ce qu’il est en train de vivre, sa réaction est normale. Une attitude d’accueil, de la compréhension, de l’écoute sont des manifestation concrètes d’empathie.

A éviter :

Les managers croient bien faire en disant par exemple des phrases du type : « demain ça ira mieux », « il ne faut pas te mettre dans des états pareils », « prends des vacances, tu as besoin de repos », « des problèmes on en a tous, cela ne sert à rien de pleurer ». Ils essayent de cette manière d’arrêter les pleurs, mais ne font que traduire leur propre gêne.

Dans ces situations, la seule posture qui convienne est l’accueil de l’émotion de l’autre. Il est nécessaire de lui donner la possibilité, l’autorisation de « vider son sac » avant de passer à la suite.

Activer la pensée :

Une fois que la personne s’est sentie accueillie dans ce qu’elle vivait, il devient possible de l’aider à revenir dans le monde rationnel, celui de la pensée. C’est en effet à ce niveau que des solutions peuvent être trouvées.

Le manager peut alors poser une question ouverte pour favoriser la réflexion de son collaborateur. Ce sont des questions du type : « comment je peux t’aider, quelles sont les possibilités de solutions dont tu disposes ?… ». L’objectif de ces questions est d’aider la personne à sortir de l’émotionnel pour réfléchir à une solution.

Il y a des situations où la personne n’est pas encore en mesure de réfléchir. Il est alors nécessaire de lui laisser le temps de la réflexion, tout en prenant RDV pour que la personne ait le sentiment de se sentir accompagnée. Ou si cela ne va vraiment pas, en dernier recours, de décider pour elle, avec l’objectif de la protéger (proposer un temps de repos, lui confier des missions moins engageantes, solliciter le service RH…).

Un collaborateur qui pleure est incontestablement une situation délicate pour lui d’abord, pour son manager ensuite, et c’est l’occasion pour ce dernier de montrer toute son humanité.

Excellente semaine à chacun, à lundi prochain 9h00.

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